Le bonheur est dans le verre avec Morgane, du café Denise

Updated: 7 days ago

Dahls’’ présente une courte série d’entretiens avec des artisans et collaborateurs, mais surtout des amis inspirants avec qui on avait envie d’échanger sur leurs passions respectives et sur l’avenir de leur métier en temps de pandémie.

C’est lors d’un vendredi après-midi froid, mais parfaitement ensoleillé que nous sommes allés rencontrer Morgane Muszynski, sommelière et gestionnaire au Café Denise dans Parc-Extension. Jeune maman de 34 ans d’une petite (paraît-il) tornade de 6 ans, cette grande amoureuse du vin nature est originaire de France: «Française d’origine en provenance à 50/50 de la Normandie et du 14ème à Paris, mais je me considère maintenant plus québécoise que française» nous dit-elle.


Après avoir plus écumé les bars que les bancs de l’université, ses parents - inquiets pour son avenir - décident en 2007 de l’envoyer rejoindre son oncle qui vient tout juste d’emménager à Montréal. «Ils pensaient bien faire, mais j’ai bien vite lâché mon cursus en Économie et statistique pour aller étudier en Gestion de restauration au Collège Lasalle. À leur grand drame j’étais de retour dans les bars, mais cette fois derrière le comptoir.»

Armée d’un certain bagage acquis en France, Morgane considère quand même que c’est en travaillant à Montréal qu’elle est devenue la professionnelle qu’elle est maintenant. «J’ai appris en travaillant auprès de mentors comme Alexandre Baldwin (Taverne Square Dominion, Balsam Inn, Henrietta, Atlantic) et Vanya Filipovic (Vins Dame-Jame, Mon Lapin) pour ne nommer que ces deux-là. Ils mettaient toute leur énergie à rendre l’expérience du client mémorable par leurs connaissances et leur professionnalisme.»

Morgane a fait ses classes à la Taverne Square Dominion, chez Joe Beef, au Pullman et jusqu’à tout récemment, au Boxermans. Elle est maintenant à la tête de son «beau bébé» Denise qui est à son image, un peu exubérant et fort, fort sympathique: «Un lieu qui nous rappelle les troquets d’Europe, ce qui me manquait dans mon Montréal.»

À la découverte des vins

Morgane vient d’une famille épicurienne où le vin et la nourriture ont toujours eu une place très importante. Très jeune, c’est sans grand intérêt qu’elle commence à goûter au vin, mais au fil des rencontres, elle finit par développer une curiosité pour cet élixir fascinant.

«Je me suis retrouvée bien vite à fréquenter des endroits où le nature était roi, où le vin vivant était la norme, ce qui a changé ma vision.»

Plus vibrants, plus poétiques et plus électrisants, les vins natures éveillaient davantage sa future passion que les Bordeaux classiques de son grand-père.

Morgane admet ne pas être une sommelière certifiée: «Je suis une autodidacte par choix. Ma façon de vivre le vin est basée sur le ressenti et la passion plus que sur la technique. Je respecte et salue les sommelier(e)s plus académiques, mais je travaille plus dans l’émotion. Je pense qu’il faut de tout pour faire un monde !»

Ce qui lui plait, l’attire, la fait rêver dans une bouteille ? Le travail du vigneron(ne), le terroir, l’histoire derrière le vin. Ce qui entoure une bouteille est, selon elle, souvent une histoire très humaine, parfois intense, parfois comique, parfois triste.

Ce que le grand public semble aimer du vin nature, très à la mode ces temps-ci, se sont les jolies étiquettes, les petits jus, les rosés perlants en terrasse. On a demandé à Morgane de nous en dire plus. «Le vin nature c’est une histoire d’hommes et de femmes qui travaillent pour nous offrir un produit, mais pour qui le lien avec la terre et la compréhension de l’environnement est indéniable. Des vins de partage remplis de passion. Oui, il y a les belles étiquettes qui attirent l’œil et qui rendent la commercialisation plus facile, mais le jus dans le flacon et son histoire est pour moi le plus important. Je trouve ça fascinant de connaître ces histoires et de pouvoir les partager.»


Le vin en tant que métier

Morgane est une bonne amie de Dahls’’ depuis longtemps, mais il ne faut pas passer énormément de temps avec la sommelière pour remarquer sa personnalité pétillante et son entregent. «J’ai un besoin intense de socialiser. La restauration est exactement ce qu’il me faut. Je suis plus que contente de pouvoir gagner ma vie en jasant et servant du vin.» On lui demande quand elle se sent le plus accomplie et elle nous dit: « Quand je fais sortir les gens de leur zone de confort dans le vin ou quand ils me font aveuglement confiance pour ne plus jamais regarder la carte des vins.» Elle aime mener le bal, mais elle fait tout humblement. Avec le sens de l’autodérision qu’on lui connait, elle nous parle de son côté maladroit: «C’est presque une blague que je travaille en restauration, tellement je fais de gaffes. La dernière bonne histoire avant le confinement est l’ouverture d’une bouteille de cidre Métissage de Nival qui a explosé dans la face d’une cliente. Il faut dire que j’ai un peu trop manipulé ladite bouteille avant son ouverture. J’ai quand même eu la présence d’esprit de diriger rapidement la bouteille vers moi. J’ai donc passé le reste de la soirée couverte de cidre. Collant à souhait.»


La restauration, mais encore

Impossible de passer à côté du sujet de l’heure, la pandémie et ses répercussions sur le domaine de la restauration. Quand on lui demande si elle a un projet coup de cœur ces temps-ci, elle nous parle du Fond de secours aux travailleurs de la restauration (MRWRF), une initiative lancée au printemps 2020 avec comme objectif d’offrir une aide économique d’urgence aux employés des restaurants, bars et cafés faisant face à une perte de revenu due à la COVID-19. Même si ils n’entretiennent pas toujours des liens étroits, Morgane soulève le fait qu’en cas de coup dur, elle est désormais certaine que ses confrères de la restauration seront là pour elle.

Sinon, à un niveau plus personnel, c’est le travail du bois qui a occupé son temps en période de confinement: «Je me suis mise à faire de l’ébénisterie. Travailler le bois est une découverte fascinante pour moi et ça fait changement de mon travail en service. C’est intéressant de créer du concret quand on est habitué à l’éphémère de l’hospitalité.»

Parce qu’un artisan sait toujours bien s’entourer d’autres individus créatifs, on a demandé à Morgane de nous faire découvrir des projets qu’elle affectionne: «J’ai envie de vous parler de Claudie Dussault qui fabrique localement au Québec des vêtements pour enfants unisexes au design minimaliste avec sa compagnie Super Symphonie. Je jalouse ma fille à chaque fois qu’elle porte son coton ouaté et je rêve d’en avoir un à ma taille. Je pense également à Dominique Legault qui a fait tout le bar au Denise, une ébéniste incroyable qui gagne à être connue. Pour ce qui est des restaurants, je vous inviterais à courir découvrir le Lundis au Soleil dans Villeray. Une équipe de passionnés à l’énergie débordante est à la barre de ce magnifique bar à vin de quartier.



Morgane possède notre tablier olive depuis quelques années déjà. On se souviens l’avoir vue en action dans son chalet des Cantons de l’Est, tout en partageant les Voisins 2016 de Jean-Yves Perron, une bombe savoyarde! Elle peut désormais l’utiliser non seulement pour son travail derrière le bar, mais aussi en atelier lorsqu’elle se sentira inspirée par une nouvelle essence de bois. Trouvez-le tablier DAHLS'' olive juste ici.

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